Jean-François de La Rocque, sieur de Roberval

Jean-François de La Rocque,  sieur de Roberval

Portrait de Jean-François de la Roque de Roberval (Jean Clouet, Jean-François de la Roque, seigneur de Poix-en-Rothelois, sieur de Roberval-en-Valois [vers 1500-vers 1560], vers 1537, sanguine pierre noire sur papier, Musée Condé [MN195]).

Jean-François de La Rocque de Roberval

66 ans.

Officier militaire, spécialiste des fortifications et surintendant des mines de France. Il a participé à plusieurs campagnes militaires, notamment à Marignan (1515), à Pavie (1525) et au siège de Péronne (1536).

Né à Carcassonne, fils de Bernard de La Rocque, connétable et sénéchal de Carcassonne, Jean-François de La Rocque est issu d’une famille militaire prestigieuse. Il a servi sous trois rois de France et s’est distingué par son rôle de gouverneur colonial lors de son expédition en Nouvelle-France aux côtés de Jacques Cartier (1541-1543).

Participation à l’expédition

Nommé par François Ier pour diriger l’expédition en janvier 1541.

Meneur d’hommes respecté, expert en fortifications et en exploitation minière, il était le candidat idéal pour superviser cette mission.

Avril 1542, depuis La Rochelle.

Fonder une colonie permanente au cap Rouge.

Explorer les ressources naturelles, notamment les métaux précieux.

Maintenir des relations pacifiques avec les Stadaconiens et assurer la sécurité des colons.

Recrutement et sélection des colons, incluant nobles, artisans et prisonniers.

Supervision de la logistique et des préparatifs matériels pour la colonie.

Constitution d’une petite garnison militaire.

Reprise de la colonie abandonnée par Jacques Cartier à Cap-Rouge.

Rétablissement du contact avec les Stadaconiens.

Organisation du ravitaillement et renvoi de Paul d’Aussillon et Guignecourt en France pour informer le roi François Ier, et assurer un nouvel approvisionnement au printemps.

Gouverneur de la colonie de France-Roy (nommée Charlesbourg-Royal par Jacques Cartier).

Responsable de la défense, de la construction des fortifications et de l’exploration.

François Ier l’a rappelé en France en 1543 pour participer aux guerres contre l’Espagne et l’Angleterre.

Il a ensuite poursuivi sa carrière militaire et administrative jusqu’à sa mort à Paris, en 1560.

La petite colonie pénitentiaire dirigée par Jean-François de La Rocque de Roberval a survécu tant bien que mal avec des rations réduites, sous une justice martiale destinée à prévenir tout trouble qui aurait pu être occasionné par le rationnement.

Le décès d’une cinquantaine de colons du scorbut durant l’hiver a démontré que ni Cartier ni les Stadaconiens ne lui avaient transmis la recette de l’annedda (un conifère utilisé par les Iroquoiens pour préparer une infusion médicinale à base d’aiguilles et d’écorce),pourtant essentielle pour guérir cette maladie dans la colonie.

Au début de juin, le sieur de Roberval, accompagné de soixante-dix de ses hommes, a quitté la colonie en barque à la recherche du « royaume du Saguenay » (dans l’actuelle région des Grands Lacs), un « royaume » dont les Stadaconiens avaient parlé à Cartier et à François 1er.